Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Souveraineté alimentaire annonce un projet de valorisation de la zone polarisée par le barrage d’Affiniam, situé dans l’arrondissement de Tendouck (département de Bignona). Cet ouvrage hydroagricole né d’un accord de coopération entre le Sénégal et la République populaire de Chine pour un montant de six (06) milliards de francs CFA entre novembre 1984 et avril 1988 présente « des résultats d’impacts et de production peu visibles », selon Mabouba Diagne.
En visite sur le site, lundi 24 mars 2025, il a dévoilé un plan d’investissement de près de 4 milliards de FCFA à travers le Projet de Développement des Cultures Vivrières et de Résilience (PDCVR) pour reprendre le destin en main. « Ce financement est déjà approuvé. A partir de ce jour, nous amorçons ainsi une véritable révolution agricole sur ces terres du sud. Une transformation agricole durable et inclusive », a-t-il indiqué. Mabouba Diagne souligne que l’ambition est de « faire d’Affiniam un Hub Agricole, un modèle de réussite pour toute la région et au-delà ». « C’est un projet qui non seulement nous tient à cœur mais dont l’intérêt économique, la viabilité et la faisabilité ne sont plus à démontrer. Nous nous engageons dans les 60 prochains jours pour ne pas dire même 30 jours, que vous allez voir des choses concrètes se passer. Nous allons lancer les travaux. Nous avons déjà lancé les appels d’offres ; nous avons déjà choisi les entrepreneurs. Même l’avance de démarrage nous l’avons déjà fait », a-t-il insisté.
« Notre ambition est de faire d’Affiniam un Hub Agricole… »
A en croire Mabouba Diagne, le projet consistera à valoriser 3 000 hectares de terres, permettant une production tout au long de l’année. L’objectif étant de produire dans un premier temps au moins 6 000 tonnes de paddy ; ce qui correspond à 3 960 tonnes de riz blanc. Une quantité suffisante pour nourrir environ 36 000 personnes. En outre, fait-il savoir, le projet vise à dérouler, annuellement, des activités horticoles sur des emblavures allant de 1 200 à 1 500 ha sur une période de 8 mois, avec des spéculations à haute valeur ajoutée telles que les carottes, les pommes de terre et les tomates. « Cela devrait générer en principe un bénéfice net minimal de 4 à 5 millions par hectare, pour un bénéfice cumulé d’environ 4 milliards. Une partie de ces bénéfices serait réinvestie dans les communautés locales pour stimuler le développement socioéconomique, améliorer les infrastructures publiques et créer encore d’autres opportunités pour la région », a expliqué le ministre.
Vers la mise en valeur de 3 000 hectares de terres
Toujours est-il que selon le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Souveraineté alimentaire, le projet de valorisation de la zone polarisée par le barrage d’Affiniam prévoit de « faire des digues anti sel et de retenue, de creuser des forages avec système solaire dans les vallées pour sécuriser la disponibilité de l’eau agricole mais également de mettre en place des CUMA (disposant de tracteurs, motoculteurs, mini moissonneuses batteuses, etc.) pour optimiser l’exploitation des terres ». Aussi, est-il envisagé d’impliquer l’armée pour soutenir la gestion et la sécurité de ces zones agricoles. « Avec les innovations technologiques que nous mettrons en place, avec votre détermination et votre engagement et notre volonté politique, nous avons toutes les ressources pour réussir cet important projet. Ensemble, faisons d’Affiniam et environs, un symbole de souveraineté alimentaire et de prospérité partagée », s’est engagé le ministre.