Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage (MASAE) a présidé, jeudi 3 avril 2025, l’atelier de validation du Plan National d’Adaptation (PNA) du secteur agricole. Cette rencontre revêt une importance capitale en ce sens qu’elle marque une étape décisive dans le « combat collectif pour bâtir une agriculture résiliente, durable et capable de faire face aux défis climatiques ». « Cet atelier de validation marque un tournant décisif pour l’agriculture sénégalaise face aux défis climatiques. Il est de notre responsabilité collective d’en faire un levier de transformation pour un secteur agricole plus résilient, durable et inclusif », a notamment expliqué Mabouba Diagne.
A l’en croire, le Plan National d’Adaptation de l’Agriculture constitue une réponse stratégique et concertée. Mieux, il est conçu avec une approche inclusive et repose sur « une évaluation rigoureuse des vulnérabilités du secteur agricole ; l’identification des orientations stratégiques prioritaires et une articulation forte avec le Plan Stratégique de Souveraineté Alimentaire (PSSA) ; un alignement avec le Référentiel Sénégal 2050 et sa déclinaison quinquennale, notamment la Stratégie nationale de Développement (SND) 2025-2029, qui identifie les changements climatiques comme l’un des trois défis majeurs de l’agriculture ».
Mabouba Diagne, MASAE : « Le coût global du PNA agriculture est estimé à 280,57 milliards FCFA »
D’après le ministre, le plan se décline en trois axes stratégiques à savoir l’amélioration de la résilience de la base productive, le développement durable des chaines de valeur agricole et la promotion de la recherche et la gestion de risques climatiques. Il intègre quatre programmes et neuf projets concrets visant à renforcer la résilience du secteur. Le coût global du PNA agriculture est estimé à 280,57 milliards FCFA.
Soulignant les progrès significatifs réalisés, le ministre a insisté sur la nécessité de relever le défi majeur qu’est la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre effective du PNA Agriculture. « Nous devons renforcer les synergies entre les acteurs publics et privés, encourager les investissements verts et explorer les opportunités de financement auprès des bailleurs de fonds et des mécanismes climatiques internationaux, notamment le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et le Fonds Vert pour le Climat (GCF). La mise en œuvre du PNA Agriculture nécessitera une coordination institutionnelle efficace et une stratégie de financement robuste, appuyée par l’État et les partenaires au développement, ainsi qu’un engagement fort du secteur privé », a-t-il lancé.
Daouda Ngom, ministre de l’Environnement : « Poursuivre la dynamique pour un Sénégal résilient face aux changements climatiques »
Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique (METE), Daouda Ngom de renchérir que la validation politique du PNA ne marque pas la fin du processus, mais le début d’une phase cruciale qu’est la mise en œuvre. Il s’engage en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture et toutes les parties prenantes, s’engage à « renforcer la coordination intersectorielle pour intégrer efficacement les mesures d’adaptation prioritaires identifiées pour le secteur agricole dans nos politiques publiques; accompagner la mobilisation de financements supplémentaires pour accompagner la mise en œuvre de ces actions prioritaires; promouvoir la recherche et l’innovation pour le développement de solutions adaptées aux réalités climatiques du Sénégal ». Daouda Ngom exhorte les parties prenantes à œuvrer pour la traduction de ce plan en « actions concrètes et décisives pour protéger nos agriculteurs, préserver nos écosystèmes et garantir la sécurité alimentaire des générations futures ». « Je vous invite, en conséquence, à poursuivre cette dynamique pour un Sénégal plus résilient face aux changements climatiques », argue-t-il.
Mehdi Drissi, FAO : « L’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques n’est pas une option, mais un impératif absolu »
De son côté, le représentant de la Coordonnatrice du Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, et Représentant de la FAO au Sénégal s’est voulu on ne peut plus clair. « L’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques n’est pas une option, mais un impératif absolu », a insisté Mehdi Drissi. « En travaillant ensemble, nous pouvons faire du PNA-Agriculture un véritable levier de transformation durable et inclusive du secteur agricole sénégalais en alignement avec la Vision Sénégal 2050 : l’Agenda de Transformation national. La FAO réaffirme son engagement auprès du Gouvernement du Sénégal pour accompagner la mise en œuvre effective du PNA-Agriculture », a-t-il ajouté.